Bibliographie sur la mission d'Alexandre de Chaumont au Siam:

Livres:

Relation de l'ambassade de Monsieur le Chevalier de Chau:mont à la Cour du Roy de Siam (avec ce qui s'est passé de plus remarquable durant ce voyage) par Alexandre de Chaumont, Paris, 1686 (ouvrage numérisé par Google)

Web, très nombreux sites dont 1, 2, 3, 4, 5.

B- Le Chevalier de Chaumont au Siam

Sans avoir rien fait pour cela, il est pressenti par le marquis de Seignelay, ministre de la marine, pour conduire l'ambassade au Siam en 1685, à la grande déception de l'abbé de Choisy qui multipliait pourtant démarches et intrigues afin d'obtenir ce poste. « Or souvenez-vous que depuis qu'on parle de cette affaire, j'ai toujours été incertain de ma destinée. D'abord j'ai espéré avec quelque fondement d'y venir ambassadeur. J'ai vu nommer à la barbe de moi qui y songeais fort, M. le chevalier de Chaumont qui n'y songeait pas. » (Journal de Choisy – 7 octobre).

Cette ambassade avait pour but de combattre l’influence hollandaise. Il s’embarque donc à Brest sur l’Oiseau le 3 mars 1685 et arriva le 23 à l’entrée de la rivière de Siam. Il était accompagné de douze gentilshommes ; de l’abbé de Choisy et de six jésuites qui avaient fondé la mission de Pékin. Le choix n'est guère heureux, car les qualités d'ambassadeur d'Alexandre de Chaumont sont plus que discutables. Lacune fâcheuse pour un diplomate, il ne parle aucune langue étrangère.
C'est un homme raide, sans humour, sans imagination. Sottement entêté, imbu de son rôle, il s'empêtre dans d'insignifiants détails de protocole, il discute interminablement de la façon dont il remettra la lettre de Louis XIV à Phra Naraï et manque suffisamment de tact et de diplomatie pour infliger une grave humiliation à celui qu'il est chargé de convertir.
L'abbé de Choisy lui-même, pourtant peu enclin à dénigrer son prochain, ne peut s'empêcher d'en faire la remarque : « Monsieur l'ambassadeur est emprisonné dans son caractère. » (Journal du 5 juin), et le 19 novembre : « Il y a quelques jours que le roi de Siam, en causant avec M. Constance (Phaulkon), lui demanda s'il avait souvent des conférences avec M. l'ambassadeur. Il lui dit que oui, et encore plus souvent avec moi, parce que M. l'ambassadeur avait un caractère à soutenir qui empêchait la familiarité.»
La mission de Chaumont est à la fois religieuse et économique. Il doit obtenir, si possible, la conversion du roi Naraï et des garanties pour les missionnaires et les jésuites qui demeurent ou se rendront au Siam, et négocier des avantages commerciaux pour la Compagnie française des Indes orientales.
Il obtient des engagements du roi Phra Naraï, mais se heurte aux manigances de Phaulkon qui s'ingénie à atténuer les promesses accordées verbalement par le roi. Peu intelligent, l'ambassadeur ne pèse pas lourd face à ruse et à la rouerie du Grec. Fêtes, divertissements, spectacles, banquets et parties de chasse, Monsieur Constance sort le grand jeu et met tout en œuvre pour différer encore et toujours le véritable but de l'ambassade : la conclusion d'avantageuses négociations.
Les traités (voir ci-dessous) ne sont signés qu'à la toute dernière minute, alors que sur le point de mettre à la voile, le chevalier n'a plus le loisir de négocier. Le protocole religieux ne sera jamais appliqué ; quant au traité commercial, de l'avis de l'abbé de Choisy, il est fort décevant. Toutefois, on peut penser que ces arrangements n'étaient pas si mauvais puisque, même si les acquis étaient faibles pour la France, ils étaient encore à sens unique. Le Siam n'y gagnait strictement rien en échange.
De retour en France, le chevalier de Chaumont est reçu à la cour sans grand ménagement (le père Tachard, à présent investi d'occultes missions et de mystérieux pouvoirs, n'est sans doute pas étranger à cet accueil mitigé). On lui reproche notamment la faiblesse de son traité économique. Il rédige comme un pensum une morne relation de son ambassade, où curieusement, certaines pages sont presque mot à mot identiques à celles de la relation de l'abbé de Choisy.

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Carte du Royaume de Siam établie en 1686 par P. du Val pour le Chevalier de Chaumont

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Audience solennelle donnée par le Roy de Siam au Chevalier de Chaumont et à l'Abbé de Choisy le 18 octobre 1685

(Estampe, Château de Versailles)

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Signatures des Marie-Anne et Jeanne de la Guérinière, d'Alexandre et d'Alexandre Charles de Chaumont

Document anciennement conservé aux archives de Saint Hilaire des Noyers et reproduit dans le livre d'Henri Tournoüer (Saint Hilaire des Noyers, Alençon, 1907)

Mariage d'Alexandre de Chaumont avec Jeanne de la Guérinière Il se marie en 1689 à Jeanne de la Guérinière et disparaît à peu près complètement de la scène politique. Il n'eut qu'un seul enfant Alexandre Charles de Chaumont et ainsi s'éteignit la branche des Chaumont d'Arthieules.Alexandre de Chaumont et Jeanne de la Guérinière portaient: d'argent, à cinq fasces de gueules, accolées d'azur, au chevron d'argent acc. de trois gerbes d'or.Mort d'Alexandre de ChaumontIl meurt à Paris le 28 janvier 1710. Il fut enterré en l’église de Saint-Séverin, laissant les deux seigneuries de Saint Jean de la Forêt et de Saint Hilaire des Noyers à son fils Alexandre Charles, capitaine de grenadiers au régiment des gardes françaises et colonel d’infanterie, qui devint maréchal des camps et armées du Roi, commandeur de l’ordre de Saint Louis et vécut jusqu’en 1772.
Dans son testament du 20 mai 1769, il exprimait le désir, s’il mourait à Paris, d’être enterré à Saint Séverin, sa paroisse, sous les charniers, près de la chapelle du saint Sacrement, auprès de son père et de sa mère, ce qui fut fait. S’il était mort à Saint Hilaire, il aurait souhaité reposé dans le cimetière de cette paroisse, au pied de la croix. Il demandait en outre trois services à saint Hilaire des Noyers et autant à saint Jean de la Forêt dans l’année de son décès, et un à perpétuité dans ces deux paroisses avec distribution de 40 livres aux pauvres. Il léguait à Saint Hilaire 150 livres pour faire un confessionnal et servir aux ornements et décorations. A Saint Jean de la Forêt, il fit donation de 300 livres pour la décoration de l’église et 300 livres pour les pauvres. Enfin, il léguait 100 livres pour les pauvres, à Corubert.