La succession d'Alexandre Charles de Chaumont: Marie Anne Françoise Adélaïde Picot de Combreux épouse d'Auguste Henry Marie Picot de Dampierre - Jeanne Geneviève Henriette Billard de Lorière épouse d'Antoine Louis du Pré de Saint Maur (1772 - 1825)

Rois de France dans la période : Louis XV (1715-1774), Louis XVI (1774-1792), Louis XVIII: Première Restauration (1814-1815), Restauration (1815-1824), Charles X (1824-1830)

Convention (1792-1795), Directoire (1795-1799), Consulat (1799-1804), Napoléon I - l'Empire (1804-1814), les Cent Jours (1815)

Alexandre Charles de Chaumont ne s’est jamais marié et n’eut pas d’enfant, et donc d’héritier direct. Sa succession échut donc à ses petits-neveux et petites-nièces, tant du côté paternel que du côté maternel.Du côté paternel, ce furent Pierre Marie François Michel et Jean Alexandre Le Morhyer, fils d’Etienne François, sieur de Villiers, fils lui-même de Jean Sieur de Villiers et de Marie Alexandre de Chaumont, nièce d’Alexandre, ambassadeur au Siam.Du côté maternel, se présentèrent les petites nièces de Jeanne de la Guèrinière, épouse d’Alexandre, issues de sa sœur Marie Angélique qui avait épousé Henry Le Jau (voir figure):
  • Marie Anne Françoise Adélaïde Picot de Combreux
  • Jeanne Geneviève Henriette Billard de Lorière
En effet, Marie Angélique de la Guérinière et Jean Henry Le Jau, sieur de Chamberjot (aussi orthographié Chambergeau),avaient eu deux fils : a-    Jean,  dont une fille, Geneviève Thérèse Henriette épousa Armand Charles Guy Henri Billard de Lorière, sieur de Rennes, conseiller du Roi en la Cour des Aides de Paris, dont naquit Jeanne Geneviève Henriette.b-    Auguste Jean Henry qui épousa Pétronille de la Noue. De cette union naquit Jeanne Françoise qui se maria à Jacques Achille de Picot, sieur de Combreux, ancien lieutenant au régiment des Gardes françaises. Ces derniers eurent une fille Marie Anne Françoise Adélaïde.Les sieurs de Vasconcelles, descendants de Diane de la Guérinière et de François de Vasconcelles se présentèrent à la succession mais ils en furent exclus de droit.Le règlement de la succession ne se fit pas sans difficulté :

 

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Les descendants de la branche maternelle d'Alexandre Charles de Chaumont qui se présentèrent à son décès

(en rouge sont notés les propriétaires successifs de Saint Hilaire des Noyers dans la famille de la Guérinière-Chaumont - sont soulignés les personnes qui se présentèrent lors de la succession d'Alexandre Charles de Chaumont)

-un premier partage eut lieu dès la mort d’Alexandre Charles de Chaumont en 1772, alors que les jeunes héritières étaient mineures. Les propres naissants furent alors attribués par égales portions aux lignes paternelle et maternelle, les acquêts de même. Il fallait subdiviser ce qui revenait à chaque ligne et, comme ainée de la branche maternelle, Mademoiselle Picot de Combreux reçut les deux tiers alors que sa cousine n’en recevait qu’un tiers.

Entre-temps:

- Anne Françoise Adélaïde Picot de Combreux avait épousé Auguste Henry Marie Picot de Dampierre, son cousin, officier aux Gardes françaises (voir section ci-dessous) et,

- Jeanne Geneviève Henriette Billard de Lorière, le 17 mai 1774, Antoine Louis Dupré de Saint Maur (né le 26 juillet 1743). Antoine Louis du Pré de Saint Maur reçut le 4 mars 1757 le titre de Mousquetaire du Roi dans la première compagnie, puis fut successivement premier enseigne au régiment des Gardes françaises, sous-lieutenant des Grenadiers le 21 mars 1762. A noter que la famille Dupré de Saint Maur furent les derniers propriétaires de l'Ancien Régime a être propriétaires de l'hôtel Carnavalet cité dans le chapitre consacré à la famille Des Ligneries, dont le premier propriétaire fut Jacques, Président au parlement de Paris (voir onglet correspondant).

 

Jeanne Geneviève Henriette du Pré de Saint Maur, en octobre 1783, prit des lettres de rescision et attaqua le premier partage. Déboutée et condamnée, elle interjeta appel. Si nous ignorons l’issue du procès, nous savons que la terre de Saint Hilaire des Noyers lui resta (les actes de notoriété de tous les officiers de baillages royaux de Mortagne et de Bellême,  semblent prouver que les dames Picot de Dampierre et du Pré de Saint Maur devaient partager par moitié la succession du comte de Chaumont et non pas des deux tiers au tiers).

   

Les documents relatant ces procédures sont les suivants:

-Acte d'appel de Jeanne Geneviève Henriette du Pré de Saint Maur, Paris, chez Simon et Nyon, 1785, 16 pages

-Mémoire pour le Sieur du Pré de Saint Maur et demoiselle Billard de Lorière, son épouse, appelante contre la Dame comtesse de Dampierre, intimée Paris, chez Simon et Nyon, 1785, 16 pages

-Mémoire pour la comtesse de Dampierre, contre la Dame du Pré de Saint Maur, chez Simon et Nyon, 1785, 40 pages (Bibl. Nat. 4° Fm, 35074, 35075, 35076).

Aux archives de l'Orne existerait le dossier d'un procès entre messieurs du Pré de Saint Maur et Picot de Dampierre, et les habitants de Corubert au sujet de la possession de la terre de La Bruyère sur la ferme du Perrin.  

  

Les Dupré de Saint Maur portaient mi-parti d'azur, à la bande d'or, chargée de trois cosses de poix de sinople (blason de leurs ancêtres: les seigneurs de Cossigny).

 

Agathe Madeleine, née le 8 mars 1775, baptisée à Saint Sulpice, fille de Jeanne Geneviève Henriette du Pré de Saint Maur, unique héritière de Saint Hilaire des Noyers, épousa le 25 juin 1797, Jean Baptiste, comte de Ménardeau né le 5 novembre 1767. Ce dernier était le fils de Jean Baptiste, sieur du Perray, conseiller au Parlement de Rennes puis au Grand Conseil (1785), et de Jeanne Sidonie Louise de la Bourdonnaye du Liré de Coétion. Jean Baptiste de Ménardeau émigra en 1791 et ne rentra en France que sous le Consulat. En 1825 Saint Hilaire fut vendu au Baron des Chesnes.

   

Les Menardeau portaient: d'azur à trois têtes et cols de licorne d'or.

    Agathe et Jean Baptiste de Ménardeau vendirent les terres de Saint Hilaire des Noyers en 1825 au baron François Thomas des Chesnes.

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Descendance de Madame Billard de Lorière épouse d'Antoine Louis du Pré de Saint-Maur

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Auguste Marie Picot de Dampierre

Auguste Marie Henri Picot de Dampierre (15 août 1756, Paris - 8 mai 1793, Valenciennes, bois de Vicoygne)

Auguste Picot de Dampierre est né d’une famille de nobles militaires. Il est en effet le fils de Pierre PICOT de DAMPIERRE, marquis de Dampierre, capitaine aux Gardes Françaises (1722 - 1783) et de Emilie Le PRESTRE de LEZONNET (décédée en 1761). Pierre Picot de Combreux était lui-même le fils de Jacques François PICOT de COMBREUX (1679 - 1771) et de Marie Louise Catherine de ROGRES de LUSIGNAN de CHAMPIGNELLES (1703 - 1775). De son mariage en 1774 avec Marie Anne Françoise Picot de Combreux (1753 - 1801) naquirent:

  • Anne PICOT de DAMPIERRE 1777-1852
  • Charles Jacques Pierre PICOT de DAMPIERRE 1779-1871
  • Achille Pierre Henri PICOT de DAMPIERRE †1802
  • Augustin Louis PICOT de DAMPIERRE
  • Auguste PICOT de DAMPIERRE

    Il fut très tôt nommé. officier dans le régiment des gardes françaises.  Il partit secrètement pour l'expédition de Gibraltar et fut arrêté par ordre de la Cour à Barcelone et ramené au régiment des Gardes Françaises. En 1788, il monte en ballon avec le Duc d'Orléans et un peu plus tard pour Lyon, également en ballon. A son retour il est mis aux arrêts. Il voyage ensuite en Angleterre puis à Berlin, où il étudie la tactique prussienne. De retour en France, il sert dans les régiments de Chartres et des chasseurs de Normandie. Admirateur de Frédéric II de Prusse, il l’imite jusque dans les moindres détails, jusqu’à paraitre un jour à la cour avec une longue queue, ce qui lui vaut une raillerie de Louis XVI. Possédant une fortune considérable, il se retire dans ses terres jusqu’à ce qu’éclate la Révolution.

    Partisan des doctrines nouvelles, il reprend alors la carrière militaire. En 1790, il fut nommé président du département de l'Aube, puis l'année suivante aide-de-camp de Rochambeau. Le 5 avril 1792, il est colonel du 5e dragons sous les ordres de Biron, à la rencontre de Quiévrain, où des cris d’alarme occasionnent une déroute. En cherchant à rallier les fuyards, Dampierre est renversé et foulé aux pieds des chevaux.

    Lors de la bataille de Valmy, il commande une division de l’armée de Dumouriez mais c’est à la bataille de Jemmapes qu’il devient célèbre. Marchant à la tête du seul régiment de Flandre et du 1er bataillon des volontaires de Paris, il attaque les six bataillons étrangers qui débordent le corps du général Beurnonville. Dampierre parvient à les renverser et à enlever les deux redoutes qu’ils gardaient, puis tourne les canons contre les Autrichiens et rend ainsi à Beurnonville assez de liberté pour pouvoir passer à l’offensive. Il fut alors promu au grade de général de brigade (22 août 1892) puis général de division (8 mars 1893), placé à la tête de l'armée de Belgique.

    Quelques mois après, tandis que Dumouriez entre en Hollande avec l’élite de l'armée, Dampierre, chargé de tenir tête à 30 000 Autrichiens avec 15 000 hommes, commet l’erreur de ne pas concentrer ce faible corps, de ne pas lui indiquer de point de ralliement et de placer son quartier général loin des avant-postes, à Aix-la-Chapelle, où il apprend trop tard que sa ligne a été forcée. Il se hâte alors de se replier sur Liège ; le prince de Cobourg fait lever le siège de Maastricht et l’armée rétrograde jusqu’à Louvain, où se rend Dumouriez.

    Celui-ci tente de reprendre l’offensive et livre plusieurs combats où Dampierre se fait encore remarquer. à Nerwinde, Dampierre commande le centre de l’armée. Il conserve ses positions et seconde avec succès les efforts de l’aile droite, mais la retraite de l’aile gauche le laissant à découvert, il est obligé de quitter le champ de bataille.

    Dampierre rend des services réels, mais on lui reproche une ardeur inconsidérée et peu d’exactitude à exécuter les ordres du général en chef.

    Après la défection de Dumouriez, il est chargé de le remplacer. Il n’a alors plus que 30 000 hommes face à des ennemis supérieurs en nombre. Il réussit cependant à s’emparer du camp de Famars, mais il subit des pertes considérables en cherchant à dégager Condé-sur-l'Escaut.

    Le 6 mai, il hasarde une attaque générale. Deux ailes de son armée s’avancent, l’une du côté de Valenciennes, l’autre jusqu’à Quiévrain, en renversant tout ce qui leur est opposé ; mais le centre ne peut soutenir le feu des batteries autrichiennes, et après de durs combats Dampierre est réduit à se retirer pour ne pas être pas encerclé. Il attaque le lendemain la réserve autrichienne retranchée dans le bois de Vicoigne prés de Valenciennes et a des succès contestés pendant la journée ; le soir venu il se met à la tête d’une de ses colonnes et a la cuisse arrachée par un boulet sur le territoire de Raismes. La retraite se fait en bon ordre mais Dampierre meurt le lendemain dans une maison située rue du Quesnoy à Valenciennes.

    Il est enterré le 9 mai 1793 à Aulnoy-lez-Valenciennes en présence de son frère, tandis que son cœur est inhumé dans l’église de Dampierre (Aube).

    Quelques mois après sa mort, il reçoit les honneurs du Panthéon (décret de panthéonisation du 13 mai 1793), mais le député Couthon dit à la tribune de la Convention qu’il n’avait manqué à Dampierre que quelques jours pour trahir son pays. D’abord inhumé sur le lieu même de la bataille, le corps de Dampierre est déplacé en 1836 sous une colonne, appelée « pyramide Dampierre », laquelle est déplacée en 1955 pour des questions de voirie. On constate à cette occasion que son corps est intact dans son uniforme, mais le corps du général n’a jamais été placé au Panthéon.

    Replacé en 2001 sous l’édifice au centre de la place qui porte son nom, le cercueil en plomb est alors remis dans un nouveau cercueil en chêne et il est procédé à la fixation du crucifix d’origine.

    Son nom est inscrit sur la 3e colonne de l'arc de triomphe de l'Étoile.