Note liminaire

Ce chapitre nécessitera encore des éclaircissements… s’il est possible de les obtenir un jour. En effet, les liens entre les représentants de la famille d’Yèbles et ceux de la famille de Courboyer (Courbehier) restent confus par manque de l’information disponible.

Famille Pierre d'Yèbles II (Dyebles, Diebles) - Aymée de Tonnerre (de Tannerie?) puis Pierre d'Yèbles III - Françoise de Barville  (circa 1550-1579)

 

Rois de France dans la période: Henri II (1547-1559), François II (1559-1560), Charles IX (1560-1574), Henri III (1574-1589)

La propriété fut cédée à Pierre d'Yèbles (Dyebles, Diebles), originaire du Berry, écuyer et seigneur de Ballaines (Balaines, Balerne?, Balagne ?, Balanne?) - au diocèse d'Orléans (chatellerie de Romorantin?). Ballaines aurait été rattaché à Billy (aujourd'hui dans le Loir et Cher, voir sur Google Earth). Un certain Philippe Diebles fut seigneur de l'Ambraye en Sologne aux XIVème et XVème siècles (source: la vie rurale en Sologne aux XIVème et XVème siècles, page 322, Isabelle Guérin, 1960). Il est clair que l’origine des d’Yèbles se situe en Sologne, aujourd’hui dans le département de l’Indre.

Un Pierre d’Yèbles que nous appellerons « Pierre I d’Yèbles de Ballaines » apparait comme époux de Marie de la Chastre. Leur mariage se serait déroulé « avant le 1er juillet 1493 ».

 

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De la Chastre (Châtre)

   De gueules, à la croix

        ancrée de vair

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La Maison de la Chastre

Cette maison avait pour cri de guerre : « A l’attrait des bons chevaliers ! »

Courcelles en disait (Dictionnaire universel de la noblesse de France) : « La maison de la Châtre, l'une des plus distinguées du royaume, par les grands hommes qu'elle a produit, n'est pas moins illustre par la grandeur et l'antiquité de son origine ».

Elle est issue, selon la Thaumassière, historien du Berry, et plusieurs auteurs anciens et modernes, des princes souverains de Déols, ou du Bas-Berry, dont le premier connu dans l'histoire, est Laune ou Ebbes le Noble, qui possédait, l'an 898, la terre déolaise en principauté, et fonda l'abbaye de Déols en 917, avant le règne de Hugues Capet. Ebbes de Déols, deuxième du nom, issu de Laune au quatrième degré, sixième fils de Raoul II, dit le Chauve et le Grand, prince de Déols, eut en apanage la terre de La Châtre, dont il transmit le nom à ses descendants.

On a, de la maison de La Châtre, nombre de monuments, qui constatent sa munificence envers les établissements religieux de la province de Berry. Des dotations fréquentes, des fondations considérables et réitérées, sont les témoignages de sa splendeur des Xe au XIIe siècle. La terre de La Châtre a été vendue pour une rançon, sous le règne du roi Saint-Louis.

De la branche principale, plus précisément de Raoul III de la Chastre,  est née la branche de Breuil-Ebbo dont fait partie Marie de la Chastre.  Cette maison et plus particulièrement cette branche a donné de nombreux hommes illustres dont deux grands fauconniers de France Philippe de la Chastre (ancêtre de Marie de la Chastre) et Georges de la Chastre, son fils.  Jean II de la Chastre (1350-av 1396), dit « Breuillebaut », père de Philippe, était seigneur de Breuillebaut et de Fontancier. Il fut marié deux fois : (i) avec Belleassez de Magnac, dame de la Forminière avec qui il eut un fils, Jean qui testa en 1384, (ii) puis le 9 mai 1381 avec Marie de la Chastre (vers 1410), dame de Prévert et veuve de Bertrand de Comassac.

Du second lit vinrent: (i) l’ainé, Philippe (1382 – 1456 - sa tombe est dans l’église de Saint Martin de Thevé), (ii) Jean, (iii), Jacques ( 28 mai 1461), abbé de Notre Dame d’Issoudun depuis 1419 jusqu’en 1461, (iv) Michel, seigneur de Plais, (v) Marie, (vi) Philippe (une cadette qui devint religieuse) et (vii) Jeanne.

Philippe, écuyer et seigneur de Breuillebault, fut nommé grand fauconnier de France par lettre du 28 juillet 1429, fonction qu’il exerça jusqu’en 1452 avec six cents livres de gage. 

Philippe de la Chastre épousa par contrat du 7 décembre 1409, ratifié le 18 janvier 1410 Marguerite de Gracay, fille de Pierre IV de Gracay, chevalier, seigneur de Sauveterre et de Jacquette de la Chastre.

De leur union naquirent cinq enfants :

Ø  Jacques, auteur de la branche des Seigneurs de Paray.

Ø  Georges, seigneur de Breuillebaud, Fontancier, Tercillat, le Mont et autres. Georges de La Châtre avait épousé en 1448 Jacqueline, fille d’Hélion de Barbançois, seigneur de Sarzay. Le 15 juin 1452, Philippe de La Châtre, père de Georges, résigna sa charge de grand fauconnier de France au profit de son fils, au revenu annuel de 800 livres. Georges de La Châtre exerça cette fonction prestigieuse pendant 15 ans, jusqu’en 1468.

Ø  Louise, mariée avec Philippe de Toury le 14 septembre 1446.

Ø  Marguerite qui épousa le 24 février 1437 Charles de Verdier, seigneur de Niherne.

Ø  Marie qui suit.

De l’union de Marie de la Chastre et de Pierre I d’Yèbles de Ballaines naquirent plusieurs enfants dont :

Ø  Charles d’Yèbles,

Ø  Pierre d’Yèbles que nous appellerons « Pierre II d’Yèbles »,

Ø  Hippolyte d’Yèbles,

Ø  Marguerite d’Yèbles

 

Questions et tentative de réponse

Marguerite de Gracay a donc épousé Philippe en 1410. Celui-ci est mort en 1456. Nous ne disposons pas de la date de naissance de Marie, semble-t-il la cadette qui se situe forcément entre 1415 et 1430 compte-tenu de la date du mariage de Philippe et Marguerite ses parents (1410). Le fils de Marie et de Pierre I Dyebles de Ballaines , Pierre II d’Yèbles, pourrait donc être né entre 1440 et 1470.

On sait par ailleurs qu’Anne de Courboyer, fille de James de Courboyer (mort en 1512), a épousé un certain Pierre d’Yèbles de Ballaines.

Quelle serait donc la relation entre ce Pierre D’Yèbles de Ballaines, mari d’Anne et les d’Yèbles lié à la famille de la Chastre ?

Deux points sont à considérer :

-          Le patronyme d’Yèbles n’est pas percheron et le mari d’Anne de Couboyer est bien seigneur de Ballaines. Il est donc forcément lié aux d’Yèbles de Sologne.

-          Les propriétés de Courboyer et de Saint Hilaire des Noyers sont mitoyennes, distantes d’environ 500 mètres. Il ne serait donc pas étonnant de retrouver des liens familiaux entre ces deux seigneuries.

Anne de Courboyer est aussi la petite fille de Guyot de Raygniel de Courboyer et de Marie de Cintray. Anne de Courboyer pourrait être née vers 1475, son père James étant né au milieu du XVème siècle.. C'est certainement à Raygniel de Courboyer et à son épouse que l'on doit la construction du manoir de Courboyer, dans les années 1450-1480, actuellement siège du parc naturel du Perche.

 

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              Maison de la Chastre: branche de Breuil-Ebbo (Breuilebaut)
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                                    Manoir de Courboyer (début XXème siècle)

 

James de Courboyer, père d’Anne, seigneur du Plessis, fils de Guyot de Raygniel de Courboyer (mort vers 1480) devrait être né vers 1450. On sait que le 16 septembre 1477, une nommée Mathurine, veuve de Pierre Gibierge, paroissien de Nocé, lui vendit le moulin du Blanchard (H. Tournoüer, Archives Orne Vol 19 p 342). James avait pour frères Jean et Florent, licencié en décret, chanoine et trésorier de Lavaur, et aussi chanoine de Bayeux.

On ignore le nom de la femme de James de Courboyer. Anne avait deux sœurs : Marie, semble-t-il l’ainée qui épousa Robert de Bubertré, et Jehanne, la cadette qui fut mariée le 29 janvier 1499 à René de Barville, sieur de la Mançonnière (Moussonière ?), fils de Robert de Barville. Robert est le fils de Jean II de Barville et de Marguerite le Baleur.

Selon H. Tournoüer (livre sur Saint Hilaire des Noyers, 1910), le Pierre d’Yèbles qui racheta Saint Hilaire des Noyers à Madeleine de Chasteaubriant et François de la Noüe, était marié à une certaine Aymée de Tonnerre (de Tannerie?).  On sait aussi que ce Pierre d'Yèbles décède le 27 avril 1572. Sa veuve, Aymée de Tonnerre (de Tannerie?), fait le 20 août 1573 une déclaration de ce fief au Duc D’Alençon.

Plusieurs questions se posent donc maintenant :

1-  Le Pierre I d’Yèbles de Ballaines qui a épousé Marie de la Chastre peut-il être le Pierre d’Yèbles de Ballaines qui se maria avec Anne de Courboyer ?

2-  Compte-tenu que le fils de Marie de la Chastre et de Pierre I d’Yèbles est vraisemblablement né entre 1445 et 1470, ce Pierre II d’Yèbles pourrait-il avoir été l’époux d’Anne de Courboyer ?

3-  Si tel était le cas, qui était ce Pierre d’Yèbles propriétaire de Saint Hilaire des Noyers : pourrait-il être un « Pierre III D’Yèbles »  fils de Pierre II d’Yèbles sus-cité?

- La réponse à la première question nous semble négative compte-tenu du différentiel de date entre Pierre I d’Yèbles et Anne de Courboyer : Pierre I d’Yèbles, mari de Marie, devait avoir un âge comparable à celui de son épouse, c'est-à-dire né dans la première partie du XVème siècle. Il a donc vécu dans la moitié de celui-ci. Anne semble être née vers 1475, donc bien après (décalage d’une génération). Ils ne peuvent avoir été contemporains. Si Anne avait épousé Pierre I d’Yèbles, il eut fallut qu’il soit veuf de Marie et c’est un mari très âgé qu’elle aurait épousé…

-En ce qui concerne la deuxième question : le mariage d’Anne de Courboyer et de Pierre d’Yèbles de Ballaines, se situe vers 1500.  Pierre II d’Yèbles, fils de Marie de la Chastre et Pierre I d’Yèbles est donc contemporain d’Anne de Courboyer. Nous formulons l’hypothèse que le Pierre d’Yèbles de Ballaines qu’à épousé Anne pourrait être le fils de Pierre I d’Yèbles et de Marie de la Chastre. Si cette hypothèse était vérifiée, il faudrait comprendre comment la famille de Courboyer était rentré en contact avec les d’Yèbles du Berry, la distance ente cette province et le Perche représentant 3 à 4 jours de voyage à l’époque…

-La réponse à la troisième question pourrait être la suivante. On sait qu’un « certain Pierre d’Yèbles » (H. Tournoüer) a acheté Saint Hilaire des Noyers vers 1530 à Madeleine de Chasteaubriant. Ce Pierre d’Yèbles était marié à une certaine Aymée de Tonnerre (de Tannerie?) et qu’il décéda en 1572. Il y a donc de fortes chances que ce Pierre d’Yèbles soit Pierre II d’Yèbles de  Ballaines, fils de Pierre II d’Yèbles et d’Anne de Courboyer.

Un argument important abonde dans le sens de l'union de Pierre II d'Yèbles avec Anne de Courboyer: il est dit qu'Anne de Courboyer partagea avec ses sœurs, le 24 septembre 1512 et le 15 juin 1513, les successions de son père James de Courboyer, de son oncle Florent et de son cousin Martin (seigneur de Saint Jean de la Forêt).

L'union supposée entre Pierre II d'Yèbles de Ballaines et Anne de Courboyer (qui hérita donc de son cousin Martin la seigneurie de Saint Jean de la Forêt- on sait qu'Anne était dame de Saint Jean de la Forêt) permet d'expliquer l'union de cette seigneurie avec celle de Saint Hilaire des Noyers que l'on saint être intervenue, selon Henri Tournoüer, alors qu'un certain Pierre d'Yèbles était le seigneur de Saint Hilaire des Noyers: "Pierre d'Yèbles réunit les terres de saint Hilair à celles de Saint Jean de la Forêt. Ces deux seigneuries furent toujours transmises ensemble jusqu'à la Révolution".

En fait, Pierre III d’Yèbles aurait pu hériter de son père, Pierre II, de Saint Jean de la Forêt que Pierre II tenait de son épouse Anne.

Son fils, Pierre IV d'Yèbles épouse le 17 janvier 1575 en l’église de Nocé, Françoise de Barville, fille de René, sieur de Nocé (voir ci-dessous), qui mourut en novembre de la même année, certainement en couches. Pierre IV d'Yèbles, inconsolable après la mort de sa jeune femme, céda, le 7 juillet 1579, la propriété à Lancelot de Rosny.

Avec les réserves qui s’imposent, nous proposons donc la généalogie présentée dans les figures présentées dans ce chapitre.

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                                               Ascendants d'Anne de Courboyer et de Françoise de Barville

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          Hypothèse généalogique relative aux relations familiales entre les d'Yèbles et les Courboyer

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                                         Schéma chronologique expliquant l'hypothèse réalisée

 

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Barville Nocey

 

Les Barville-Nocey (Nocé)

 René de Barville, père de Françoise qui épousa Pierre d'Yèbles fils est le fils de Jean de Barville, écuyer, seigneur de Nocey (Nocé). Les Barville Nocey constituaient une famille noble faisant partie de la Généralité d'Alençon. Le 15 novembre 1525, Jean de Barville partagea avec Anne de Barville (sa tante) les biens de Robert de Barville et de Marguerite le Baleur, respectivement son grand-père et sa grand-mère. Jean de Barville avait épousé Jeanne de Cochefilet.

René de Barville, écuyer et seigneur de Nocey fut fait capitaine à l'arrière-ban, par commission du 18 août 1569. Il fut marié deux fois:

Ø  d'une part avec Anne des Feugerets-Destouches le 9 septembre 1551 avec qui il eut Jean et Françoise, femme de Pierre d'Yèbles II.

Ø  d'autre part avec la demoiselle de Vauvissan avec qui il eut Jean, Louis et Renée.

Il mourut à Nantes, en revenant de l'arrière-ban et y fut enterré

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