MUSIQUE ET CERVEAU : LOGIQUE MATHEMATIQUE OU LOGIQUE QUANTIQUE ?

 

Une série de réunions scientifiques interdisciplinaires réunissant musicologues, mathématiciens, quanticiens, informaticiens, et neurobiologistes

 

PREMIERE REUNION JEUDI 28 JUIN (de 17h à 20h30), SALLE DES FETES, MAIRIE DE MORTAGNE AU PERCHE

(programme en base de la présente page) 

 

ENTREE LIBRE SOUS RESERVE D'UNE PRE-INSCRIPTION

 

Par téléphone: 06 80 24 44 34

 

Par courriel à pgbraquet@orange.fr

 

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PROCHAINE REUNION: SEPTEMBRE 2018 (date à préciser)

 

MECANISMES DE LA TRANSMISSION DE L'INFORMATION AU NIVEAU CEREBRAL: QUANTIQUE? MATHEMATIQUE? ou QUOI??? 

 

 

 

 

                             
                                             

Pour tout renseignement et/ou réservation, adresser votre requête par courriel au Pr Pierre Braquet, Directeur Artistique, ou par téléphone (06 80 24 44 34) ou courrier (Château de St Hilaire des Noyers, Colonard Corubert, 61340 PERCHE-EN-NOCE). En adhérant à l'association FISH tout don vous ouvre droit à une réduction fiscale imposable à 66% des revenus imposables (article 200 -particuliers- et 238bis -entreprises- du CGI). En outre un reçu fiscal (formulaire CERFA 11580*03) vous sera retourné pour vous en accuser réception

 

 

                                 

 

 

RATIONNEL DE LA SERIE DE REUNIONS: STRUCTURE MUSICALE & INTEGRATION CEREBRALE

 

 

 

 

 

La musique existe depuis que le monde est monde : elle était étudiée en Grèce antique par Pythagore puis Aristote comme une « science associée aux mathématiques, à la physique, à la médecine ». En effet, Pythagore est le premier à avoir réalisé un lien entre les nombres et la musique. Il lança l’idée que le fait que deux sons joués ensemble, simultanément ou l’un après l’autre, donnent une impression harmonieuse pouvant s’"expliquer mathématiquement", ou encore, que musique et nombre étaient intimement liés et que les lois de l’harmonie de l’un se reflétaient dans l’autre. Et vice versa. Voir Pythagore et la musique.

Bien que les travaux de Pythagore auraient pu être repris par Rome puis plus généralement l'Europe, seuls les Arabes poursuivirent les travaux de Pythagore. Ceux-ci ont fait de leurs bases musicales (les "maqâmât", مقامات , singulier "maqâm", مقام‎, littéralement « place(s), statut(s)» traduit un peu abusivement par "modes") les plus raffinées du monde.

Bien plus tard (il faut attendre le début du XVIème siècle), des grands esprits comme Zarlino, Mersenne, Descartes, Huyghens et Kircher avaient établi un lien entre le son généré par une corde vibrante ou des tuyaux sonores avec des rapports mathématiques. En 1712, Leibniz reprenait cette idée et déclarait :

« La musique est un exercice caché d'arithmétique, l'esprit n'ayant pas conscience qu'il est en train de compter ».

Concomitamment Rameau réalise, dans son traité de l’Harmonie (1722), une étude purement mathématique partant du principe que «la corde est à la corde ce que le son est au son ». Au début d’accord avec d’Alembert (qui publia de son côté : études mathématiques sur la vibration des cordes sonores), ils se déchirèrent plus tard sur les théories développées par Rameau. Néanmoins, la très grande expérience de Rameau le conduit à définir des principes fondamentaux comme les concepts de consonance et de dissonance, de renversement des accords, de modulation qui fondent l’harmonie tonale classique et du contrepoint.

 

 

 

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Schéma selon: Sojurn, Art of Fugue

 

Pour comprendre le contrepoint, voir les animations présentées dans plusieurs vidéos:

 

                 

https://www.youtube.com/watch?v=6h6AabkLvEE,

https://www.youtube.com/watch?v=xUHQ2ybTejU,

https://www.youtube.com/watch?v=XXQY2dS1Srk

https://www.youtube.com/watch?v=an5qia4nVxo&index=1&list=PLF1305C8960338C70,

https://www.youtube.com/watch?v=O_ZUIe4-CJM, https://www.youtube.com/watch?v=PEwf8e5jHTg

 

De nos jours, la Mathématique est rentrée en force dans la Musique, avec, entre autres, Iannis Xenakis et sa musique composée à partir de chaines de Markov (calcul matriciel).

Le virage vers la situation actuelle a commencé dès les compositeurs romantiques de la « deuxième génération » (1850-1900) qui ne résolvaient plus les dissonances  issues d’accord complexes (5-6 sons) – Ex : sonate en si mineur de Franz Liszt, prélude « Tristan et Isolde » de Richard Wagner… Puis vint Arnold Schönberg et les débuts de la musique atonale, suivi d’Alban Berg et d’Anton Webern, le premier restant attaché au romantisme, le second se dirigeant vers une « atomisation de la matière sonore ». Entre temps Schönberg développa le dodécaphonisme qui lui permit d’organiser l’atonalité. Enfin Olivier Messiaen composa « Mode de valeurs et d’intensité » l’une de ses quatre études de rythme en 1949. Dans ce travail il chercha à se démarquer du dodécaphonisme de Schönberg en combinant les 12 sons avec pour chacun : le timbre, la hauteur et le rythme … pour obtenir un mode de 3*12 = 36 sons. Ses élèves développèrent ce « sérialisme » intégral comme Pierre Boulez, Luciano Berio, Bruno Maderna, Karlheinz Stockhausen et Luigi Nono.

La naissance de l’informatique et des synthétiseurs facilita grandement le développement de ce « système » compositionnel. Selon Dominique Jameux « la musique sérielle ne serait pas un bouleversement, mais l’état le plus récent de la révolution musicale mise en œuvre par J.S. Bach » (l’école de Vienne « les chemins de la musique » Fayard, 2002, pp 462-3). Cette venue de la musique contemporaine fut une source continue de polémiques entre les tenants du classicisme et les défenseurs de la musique atonale (exemple récent de la polémique soulevée par la conférence de Jérôme Ducros au Collège de France le 20 décembre 2012: l’atonalisme … et après ?). C’est donc pour essayer de voir si les deux mondes pouvaient se rencontrer que nous (Jean-Patrice Brosse, un musicien et moi-même) avons pensé à une solution intégrative en organisant ce colloque réunissant des experts de mondes différents : musiciens, mathématiciens-Physiciens et médecins-chercheurs.

 

 

 

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                      Exemple de réseaux de Klumpenhouwer, configurations spatiales

diagrammatiques pour détail voir Moreno ANDREATTA, Rapport quadriennel

2005-2009, IRCAM , Rapport d'activité 

 

Cette idée d’associer la musique et l’émotion aux « Nombres » n’est donc pas récente ! Existe-t-il donc une « Logique » dans la composition musicale, et si oui, est-elle « arithmétique voire mathématique » ?  Est-elle volontaire ou subjective ? Quoi de comparable entre la musique composée durant la période médiévale jusqu’à la fin du Baroque, basée sur le contrepoint (session du colloque #1), avec la musique du XXème siècle pouvant se baser sur différents algorithmes (session du colloque # 3) ? Quelles relations existent entre les centres corticaux d’intégration de la musique et la « Logique » musicale? Que signifie, d’un point de vue cérébral, la synesthésie (association musique-couleur) ? Pourquoi rencontre-t-on souvent associées chez certains sujets de grandes qualités musicales avec une facilité pour les études mathématiques ?... Et quels sont les mécanismes impliqués ?  L’émotion entraînée par l’écoute de la musique amène du bien-être : déjà chez les Grecs, il y avait des musicothérapeutes qui influençaient l'humeur et le cours des tourments  en utilisant divers instruments, rythmes et sons. L’utilisation de la musicothérapie est aussi rapportée chez les Chinois, les Hébreux et durant la grande période de l’Empire Ottoman. En Occident, elle n’a été réellement utilisée en thérapeutique que lorsque Pierre Lichtental, en 1811, écrivit un traité sur les bienfaits de la musique,  une discipline reconnue de nos jours (session du colloque # 2).

 

    Cerveauintegration.jpgEt si la recherche médicale tentait une première approche pour réconcilier les positions diamétralement opposées des tenants du classicisme et de la musique contemporaine? Nos connaissances se sont très significativement améliorées durant ces dix dernières années grâce à l’étude des neuromédiateurs, permettant à nos cellules nerveuses de parler entre-elles et de s’échanger des messages.  De la même manière, nous connaissons mieux aujourd’hui les conséquences dans une cellule, de la transmission du message  émis par une autre cellule (ex : un neuromédiateur), ce que les scientifiques dénomment « signal cellulaire ». Mais hélas ces mécanismes sont horriblement complexes et des travaux récents, dont les nôtres (Braquet, Modelization of cell signaling using Petri network, Onco-Logics Inc), montrent qu’ils pourraient être comparables au flux que l’on retrouve dans les cartes… de l’électronique embarquée des Airbus (nous sommes à Toulouse !) nous permettant une première comparaison avec l’ordinateur. Il n’en demeure pas moins que nous devons arrêter notre comparaison à ce point pour l’instant… car un ordinateur n’amène ni vie, ni émotion, ni sentiments.  Mais la connaissance des mécanismes ultra complexes de la vie cellulaire devrait s’accélérer dans les années à venir et justifie les études que font des groupes dans ce domaine, aux USA, au Canada et en Europe comme l’IRCAM (voir par exemple : http://bnci-horizon-2020.eu/community/research-groups).

 

En outre, un éventuel effet bénéfique de la musique sera-t-il mis en évidence sur ces messages et signaux présents dans le cerveau vis-à-vis de la maladie d’Alzheimer, l’autisme, l’Asperger… justifiant encore plus la musicothérapie (session 2) et amenant peut-être à de nouvelles voies thérapeutiques dans ces pathologies qui en manquent cruellement.

 

Il est certain que nous ne répondrons pas à la question en trois jours. Il faudra encore bien d’autres colloques interdisciplinaires pour enfin clarifier cette très vieille affirmation des savants de la Grèce antique « la musique est une science associée aux mathématiques, à la physique, à la médecine ». 

 

 

 

 

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PROGRAMME DE LA PREMIERE REUNION DU JEUDI 18 JUIN, SALLE DES FETES, MAIRIE, MORTAGNE AU PERCHE

 

 

 

 

FISFMAIRIE DE MORTAGNE

 

SALLE DES FETES

 

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PROGRAMME DU JEUDI 28 JUIN

 

 

 

17.00 – 17.15 : Bienvenue : présentation de nos invités : Messieurs N BAZAN et H PLATEL

 

 

 

17.15 - 17h45 : Prof. Pierre BRAQUET

 

Introduction :  L’homme et la musique : une très longue histoire d’amour

 

(je parlerai des structures musicales depuis l’Antiquité en donnant quelques mots sur les musiques orientales pour approfondir plus la mis en place de la structure musicale occidentale depuis Guido d’Arezzo à la musique sérielle en passant en particulier par le contrepoint (de la musique tonale à l’atonalité)

 

 

 

17h45-18h45  +  15 min discussion : Prof. Nicolas G. BAZAN

 

Dégénérescence Maculaire (DMLA), Sénescence Cérébrale et Maladie d’Alzheimer 

 

(Nic parlera plus fondamental tout en restant didactique. A côté de son film « una vida » sur l’Alzheimer il nous parlera de résultats récents semblant lier DMLA & maladies neurodégénératives)

 

 

 

19h00-20h00 + 15 min discussion : Prof. Hervé PLATEL

 

Musicothérapie et traitement des désordres cognitifs du cerveau

 

     

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