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René: De gueules, semé de fleurs de lys dor.
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Héléne: Burelé dargent et de gueules de dix pièces au lion de sable armé, lampassé et couronné d or

Famille René de Chasteaubriant - Hélène D’Estouteville puis Madeleine de Chasteaubriant - François de la Noüe (Noë, 1499-circa 1550)

Rois de France dans la période : Louis XII (1462-1515), François I (1515-1547), Henri II (1547-1559)

Les premières notes historiques sur le Château de St Hilaire remontent à la fin du XVème siècle, date à laquelle la famille de René de Chasteaubriant (Châteaubriant/Châteaubriand), chevalier, comte de Casan, baron de Longny, vicomte de Regmalard, seigneur des Roches Baritaut (Baritaud), de Chavannes et du Lion d’Angers, Chambellan du Roi, en était le propriétaire. En effet dans l'acte de présentation du nouveau curé de Saint Hilaire des Noyers, Symes Regnault, en date du 4 mars 1499 on lit: "A révérend père en Dieu Monseigneur l'évesque de Sées ... A René de Chasteaubriant,..., notre sire (à qui nous devons) subjection, révérance et obéissance" (Archives de l'évéché).

La généalogie de la famille de Chateaubriant et les relations de René de Chateaubriant avec d'une part les Barons de Bretagne, et d'autre part avec François-René de Chateaubriand (la question de la relation entre les deux homonymes nous étant souvent posée), seront brièvement présentées ci-dessous. 

Branche des Chasteaubriant seigneurs du Lion d'Angers et des Roches Baritaut

René de Chasteaubriant est le fils de Théaude de Chasteaubriant, baron du Lyon d’Angers, sieur des Roches, Comte de Casan et de Françoise Odart, Dame de Colombières et baronne de Longny. Théaude est lui-même le fils de Jean de Chasteaubriant (voir http://genealogiequebec.info/testphp/info.php?no=174218).

Dans les Mémoires d'outre-tombe, françois René de Chateaubriand retrace la généalogie de cette branche de sa famille (voir ci-dessous, Mémoires d'outre-tombe, généalogie de ma famille).

La famille de Chasteaubriant a pour origine la région d’Angers, plus exactement la petite cité de Challain la Potherie qu’elle posséda pendant plus de 200 ans (pour détail voir pages 20 et suivantes du document http://www.odile-halbert.com/Paroisse/Lesperonniere1/Lesperonniere-Challain.pdf ).

Les Chasteaubriant (branche des Roches-Baritaut) sont apparentés aux Barons de Bretagne du même nom, représentant une branche issue de Geoffroy V de Châteaubriant (1216 † 16 mars 1263), baron de Chasteaubriant, seigneur de Vioreau, chevalier croisé avec Saint Louis (voir schéma ci-dessous). Geoffroy V se maria tout d'abord avec Mahaut ( † vers 1247) (fille de Conan et petite-fille de Henri Ier d'Avaugour), dame de Pordic, puis avec Aumarie ( † après 1242), fille de Guy Ier, vicomte de Thouars, dont il eut deux enfants Jehan, tige de la branche des Roches-Baritaut et Guyotte (détail dans http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_seigneurs_de_Ch%C3%A2teaubriant et http://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_de_Ch%C3%A2teaubriant). Il s'agirait là du Chotard de Chasteaubriant, décrit par Joinville, qui, lors de la Bataille de Mansourah (1250), sauve Louis IX d’un dard et répand son sang sur les armes du monarque. Pour le remercier, Saint Louis l'autorisa à transformer les pommes de pin (ou plumes de paon) de ses armes en fleurs de lys . Les barons de Chasteaubriant adoptèrent alors cette magnifique devise : "Notre sang teint les bannières de France".

Ci-dessous est présenté avec plus de détail la généalogie de la branche des Chasteaubriant, branche des Roches Baritaut  (voir ci-dessous:  Généalogie de la branche des Chasteaubriant de Challain la Potherie (extrait de l'ouvrage de l'Histoire de la baronnie de Candé, par le Comte René de l’Esperonnière, Angers, Lachèse Imprimeur, 1894 repris par Odile Halbert en 2006)

Généalogie des Chasteaubriant, Barons de Bretagne

Geoffroy V de Chateaubriant est issu d'une lignée qui remonte au plus haut dans l'histoire de France: en effet les Chasteaubriant seraient issus du mariage de Tihern (1020-1085)  dont le nom générique indique le chef d'une paroisse bretonne, fils d'Eudon (999-1078)  et Innogwen [fille de Hamon Ier ( † vers 1030), vicomte d'Alet] ou simplement Gwen, qui veut dire Blanche; ses enfants s'appelaient Brient, Hervé et Le Bœuf. Toute cette famille se fixa dans la partie du Comté nantais connue alors sous le nom de la Mée et bornée par la mer, la Vilaine, le Samnon, l'Erdre et la Loire.Quant on considère la généalogie d'Eudon, père de Tihern, celle-ci remonte à Charlemagne (747-784) et Pépin le Bref (715-768) via des ducs de Bretagne Conan dit le tort (944-992) et Geoffroy I (974-1008).

Brient I construisit un château sur les bords de la petite rivière de Chère; l'antique donjon carré, dont les ruines gigantesques dominent encore la ville de Chateaubriant, demeure la dernière, mais remarquable partie des constructions féodales de Brient I. Cette imposante forteresse reçut de son fondateur le nom de castellum Brientii (château de Brient), et Chasteaubriant devint dès lors le titre seigneurial et le noble berceau d'une des plus illustres familles dont la Bretagne puisse s'enorgueillir. Une cité s'est développée autour du château et fut appelée Châteaubriant. La forteresse faisait partie des marches de Bretagne avec Vitré, Fougères, frontière chargée de défendre la Bretagne face au royaume de France.

Descendance de Théaude de Chasteaubriant

Théaude de Chasteaubriant hérita de son frère des seigneuries de Challain, du Lion d’Angers de Chavannes. Il reçut le titre de comte de Casan, au royaume de Naples. Le 6 août 1438, il épousa Françoise Odart, fille unique de Pierre Odart, seigneur de Verrières, lui apporta les terres de Longny, de Verrières et de Vauchrétien (les Odart portaient d’or à la croix de gueules, chargée de cinq coquilles d’argent). De l’union de Théaude de Châteaubriant avec Françoise Odart naquirent cinq enfants :

  1. René, qui hérita de la châtellerie de Challain à la suite de la mort de son oncle Jacques vers l’an 1500 (Jacques, archiprêtre de Saumur, était devenu seigneur de Challain à la suite du décès de son frère Théaude). En outre, il est possible d’avancer que c’est certainement par l’intermédiaire de sa belle-mère que René devint propriétaire de Saint Hilaire des Noyers, compte tenu de la proximité de Saint Hilaire et de la seigneurie de Verrières. Comme l'indique Jean Luc Deuffic dans un article paru dans le Manuscrit médiéval (http://blog.pecia.fr/post/2010/09/04/Ren%C3%A9-de-Chasteaubriant-(-ca-1495),-chevalier-p%C3%A8lerin-pour-la-Terre-Sainte), "la carrière de René de Châteaubriant n'est pas très connue... faute de documentation. Quelques titres dans les archives du château de Beaumont (Belgique) font état d'une "Lettre d'invitation du roi Dom Philippe de Castille à M. René de Châteaubriant, seigneur du Lion d'Angers, pour l'engager à venir signaler sa vaillance dans la guerre sainte qu'il faisait aux Maures de Grenade et de Cordoue, le 12 juin 1490 ; avec la copie d'une très-élégante réponse latine, datée de Paris le 8 mars 1491" (Commission royale d'histoire, Académie royale de Belgique, II, 1838, p. 270)". Toujours selon Jean Luc Deuffic, "René de Châteaubriant apparait également dans la  « Relation d'un voyage en terre sainte, au mont Sinaï et au couvent de Sainte-Catherine » qu'il effectua vers 1486 avec un groupe de pèlerins parmi lesquels figuraient deux autres Bretons : François de Tournemine, et l'abbé de Saint-Méen, Robert de Coetlogon. Le récit anonyme de ce périple se trouve transcrit dans un manuscrit de la Bibliothèque municipale de Rennes (ms 261), du XVe s., manuscrit qui comporte deux feuillets d'un livre de raison tenu par Jean Bouscher, sieur des Planches, en Bruz, près de Rennes (Trésor des bibliothèques de Bretagne, Pontivy, 1989, p. 72, n° 26 - Abbé Guillotin de Corson, "Note sur la relation d'un voyage en Terre-Sainte fait par trois Bretons à la fin du XVe siècle", dans Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, XXXIII, 1904, p. 395-398)" [...] Un autre aspect méconnu de la biographie de René de Châteaubriant reste sa nomination, le 11 août 1493, par D. João II, roi du Portugal (1455-1495, dit le Prince parfait), au titre de comte (in partibus infedelium) de Guazava, au royaume de Fez. Voir Pierre de Cenival, "René de Chateaubriand, comte de Guazava au royaume de Fez, 1493", dans Hespéris, XIX, 1934, p. 27-37. Jean Aubin, "D. Joao II devant sa succession", dans Arquivos do Centro Cultural Português, 27, 1990, p. 101-140 (118-121)".
     Il est intéressant de noter que sur un ancien armorial de Mons (Belgique) relatif aux familles alliées des Croy figuraient les armes de René de Châteaubriant et de sa femme Hélène d'Estouteville. nous verrons ci-dessous que cette reconnaissance découle du mariage de la fille de René, Charlotte, avec Henri de Croy (fils de Philippe de Croy et de Jacqueline de Luxembourg).
    Ø  Georges, capitaine de la Vénerie du roi, marié à Anne de Champagné.
  2. François, doyen d’Angers. C’est lui qui fit bâtir la tour entre les deux flèches de la cathédrale d’Angers (1523). Il mourut en 1535.
  3. Jeanne, mariée à Jean de Scépeaux puis en deuxième noce à René de Feschal.
  4. Louise, qui épousé Jean, seigneur d’Ingrande.

Mariage de René de Chasteaubriant avec Hélène d'Estouteville

René de Chasteaubriant épousa le 4 mars 1499 Hélène d’Estouteville (pour détail voir http://pagesperso-orange.fr/herve.laine-bucaille/noblesse/E/Estoutteville_624191.htm), Dame du Tronchoy, fille de:

-d’Ambroise de Loré baronne d’Ivry, dame de Muessy. Ambroise de Loré était la fille d'Ambroys de Loré (1395 Oisseau - 25 mai 1446, Paris), chevalier, compagnon de Jeanne d'Arc, Commissaire réformateur des métiers et de la police et Garde de la prévôté de Paris, assimilé Prévôt de Paris de 1436 à 1446. Ambroys II est né au château de Loré (pour détail voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Ambroise_de_Lor%C3%A9) et de Catherine de Marcilly, baronne d'Ivry.  

-Robert VII d'Estouteville, Seigneur de Beynes, Prévôt de Paris, Conseiller et Chambellan des rois Charles VII et Louis XI, Capitaine de Fécamp (détail sur Robert VII d'Estouteville dans http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_VII_d'Estouteville). 

Hélène avait un frère et trois soeurs:

-Jacques, chambellan de Roi et prévôt de Paris qui succéda à son père
-Marie, mariée à Jean de Châteauvillain
-Jeanne, épouse de Robert l'Anglois
-Ambroise, religieuse à Saint-Sauveur d'Évreux

Généalogie des d'Estouteville

Comme les Chasteaubriant, Robert VII d'Estouteville est issu d'une lignée qui remonte au plus haut dans l'histoire de France: Robert VII était le fils de Jeanne d'Ondeauville et de Guillaume d’Estoutteville grand maître et général réformateur des Eaux et Forêts de France qui avait été fait prisonnier des Anglais au siège d’Harfleur en 1419 qui avait pris le parti du Roi de France. Les biens qui avaient été confisqués à Guillaume lui furent donc rendu, à lui et à ses frères, par le Roi en 1422. Robert VII d' Estouteville, contribua avec la noblesse de Normandie à la libération de Nancy assiégée par Charles Le Téméraire . Il fit édifier un château fort à Beynes (Yvelines) pour aider à la défense de Paris contre les Anglais. Conseiller et chambellan du roi Charles VII, il fut nommé prévôt de Paris sur démission de son frère aîné, Jean

Descendance de René de Chasteaubriant et d'Hélène d'Estouteville

De leur union naquirent:

  •  Charlotte, mariée à Henry, sire de Croy, seigneur d'Araines, comte de Porcean et Seneghem, seigneur d’Arschot, de Renty, de Montcornet et de Bar sur Aune (1456-1514), décédée en 1509 (pour détail voir page 4 de  http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Croy.pdf). De cette union naquirent cinq fils :
    1° Philippe de Croy, né en 1496 et mort à Bruxelles en avril 1549, premier duc d'Arschot et héritier d'une grande partie des biens de son oncle, Guillaume de Croy, dit Monsieur de Chièvres, précepteur de Charles-Quint 
    2° Guillaume de Croy, cardinal-archevêque de Tolède et chancelier de Castille, mort à Worms, le 6 janvier 1521 et inhumé au cloître des Célestins d'Héverlé : son corps et son mausolée ont été transférés en 1842 dans l'église des Capucins, à Enghien (Ernest Matthieu, Histoire d'Enghien, p. 564) ;
    3° Charles de Croy, époux de Françoise d'Ambroise ;
    4° Robert de Croy, évèque de Cambrai, mort en 1556 :
    5° Charles de Croy, abbé d'Afflighem, de Saint-Ghislain et d'Hautmont, puis évêque de Tournai, mort à Saint-Ghislain, le 2 décembre 1564.
    Charlotte de Châteaubriant mourut en 1509 et Henri de Croy en 1514.
  • Marie, dame du Lion d’Angers, qui épousa Jean de Chambes, sieur de Montsureau. Par ce mariage la terre de Challain passa dans la maison de Chambes (pour détail voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_de_Chambes). Jean de Chambes, chevalier, seigneur de Montsoreau, était le chef de cette grande maison de Chambes, alliée aux premières familles de France, et qui, depuis le XIe siècle, a produit un grand nombre d’hommes éminents, célèbres à des titres divers, et dont plusieurs ont occupé les charges les plus distinguées. Il épousa Marie dans les premières années du XVIe siècle, et devint par ce mariage seigneur de Challain et du Lion-d’Angers. Il mourut avant 1519. Sa veuve fit son testament le 21 avril 1522. 
  • Madeleine, dame de Chavannes, qui épousa  Jean-François I de La Noüe, seigneur de La Noüe, Chavannes, Bretoncelles,Guémené, Toulan, Basoges, Launay-Basoin, Le Bois-Greffier, Lesemeuc, La Porte-Bernier et La Bouexière, qualifié en 1481 noble écuyer puis noble et puissant seigneur, reçut en cette année un aveu comme seigneur de Guémené.  Il est le fils d’Olivier et de Jeanne de Laval. Il se distingua dans le guerres d'Italie. Celui-ci devint sieur de St Hilaire en 1517Il testa à Nantes le 26 juillet 1537, décéda en 1547 et  fut inhumé à Notre-Dame de Fresnay, près de son père (Source : Précis généalogique de la maison de La Noüe, p. 66-67). De l'union avec Madeleine naquit François II de la Noüe, Seigneur de Briord, La Roche-Bernard, Launay Basouin, Le Haut-Plessis, de Chavannes, Bretoncelles et la Beuvrière au comté du Perche (Arrière Ban de 1568, publié par le Vicomte de Romanet, Reg 84, fol 120 et reg 90, fol, 170), du Boisgreffier, Lesemeuc, de la Porte-Bernier et la Bouexière, Gentilhomme de la chambre du roi François Ier, Lt-gal en Touraine au siège de Chinon. François II Se fit moine dominicain après son veuvage. François II épousa le 4 janvier 1529  Bonaventure de l'ESPERVIER †1563, dont il eut deux enfants:

  • Jean-François de la NOUE †ca 1547 Madeleine de CHATEAUBRIANT François del'ESPERVIER 1478-1556 Anne Jeanne de GOYON-MATIGNON ca 1495-1540
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    François II de la NOUE †/1537 Bonaventure del'ESPERVIER †1563
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    François III Bras de Fer de la NOUE 1531-1591, arrière petit fils de René de Chasteaubriant


A- GENEALOGIE DE RENE DE CHASTEAUBRIANT
RELATIONS FAMILIALES AVEC FRANCOIS RENE DE CHATEAUBRIAND 

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Fig. 1.A.1: Ascendants de René de Chasteaubriant et de François René de Châteaubriand

Comme indiqué sur cette figure (et comme François René de Châteaubriand l'avait bien précisé dans ces mémoires d'outre-tombe - voir: http://membres.multimania.fr/jmdoggy/textes/memoiredoutretombe4.html), René et François René ont un ancêtre commun, en l'occurence Geoffroy IV. La branche des Beaufort dont François René descend (via le rameau des Touches) est issue de Briant de Châteaubriant-Beaufort, frère de Geoffroy V. La branche des seigneurs du Lion d'Angers et des Roches Baritaud descend de Jean de Châteaubriant, fils de Geoffroy V, frère de Geoffroy VI..

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Fig. 1.A.2: Ascendants de René de Chasteaubriant, branche des Roches Baritaut


 

B. GENEALOGIE D'HELENE D'ESTOUTEVILLE

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Fig. 1.B.1: Ascendants d'Hélène d'Estouteville - Filiation avec les Sires d'Estouteville et de Valmo

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Fig. 1.B.2: Château de Beynes entièrement reconstruit par Robert VII d'Estouteville, père d'Hélène d

Les travaux de 1446-1450 réalisés par Robert VII d'Estouteville, destinés à adapter le château à l'artillerie, sont encore visibles sur cette photographie du château.


C. DESCENDANCE DES ENFANTS DE RENE DE CHASTEAUBRIANT ET D'HELENE D'ESTOUTEVILLE


C.1 Descendance de Charlotte de Chasteaubriant (1465 - 1509)
A
C.2 Descendance de Marie de Chasteaubriant (1480 - 1522)

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d'azur semé de fleurs-de-lis d'argent, au lion du même, armé, lampassé et couronné de gueules,

Marie s'est donc unie avec Jean III de Chambes (1445 - 1519). La Maison de Chambes alias de Jambes est une des plus anciennes familles originaire de l'Angoumois. La terre de Chambes est située paroisse de Laplaud (Roumazières-Loubert, actuellement), en Angoumois. Cette Maison d'ancienne chevalerie est divisée en plusieurs branches, dont la plus illustre, celle des comtes de Montsoreau en Anjou, a tenu un rang considérable au XVIe siècle, et a possédé de grands fiefs en Poitou, par héritage de la branche des Chabot.
a
De leur union naquirent:
-Philippe de Chambes, baron de Montsoreau (1500 - 1574) qui épousa Anne de Laval, fille de Gilles, baron de Loué,
-Hippolyte de Chambes (1497 - ?) et,
-Louise née vers 1500.
a
Le 1er février1518, Charles de Boulainvilliers, comte de Rossillon, vte hérédital d'Aumale, seigneur de Rouvran, de Verneuil-sur-Oise, et sa femme, dame de Coudroy et Montpensier, font la foi et hommage lige, pour « le chastel, chastellenie, terre et seigneurie du Couldroy » à « Marie de Chasteaubriand, dame de la baronnie de Champfroy et des seigneuries du Lyon d'Angers, Challun et Verrières ». veuve de Jean III de Chambes, seigneur de Montsoreau et du Petit-Chasteau, au nom et comme ayant la garde-noble des enffans myneurs du défunt » (Mémoires de la Société archéologique de Touraine : Série in-8°, Volume 40, p. 191) .
Philippe et Anne eurent un fils, Jean de Chambes, baron, puis Comte de Montsoreau (1530-1575) qui fut un catholique fanatique, chapitré par sa sœur, moniale à l' abbaye de Fontevraud. Il s'était fait remarquer par son allant et par sa cruauté au cours des guerres précédentes et avait obtenu en récompense le gouvernement de Saumur: le mardi 26 août 1572, Puygaillard lui envoie l'ordre d'éliminer les Huguenots de Saumur, puis de faire de même à Angers. Quatre jours après le massacre de la Saint-Barthélémy (24 août 1572), il arriva à Saumur et tua de sa main François Bourneau, lieutenant-général de la ville. Il se rendit ensuite à Angers, fit fermer les portes des enceintes puis commença le regroupement de personnalités Huguenots qu'il tua lui-même. Il combattit au siège de Lusignan et à la prise de Fontenay-le-Comte,il avait la plus cruelle réputation et sur cent hommes qu'il faisait prisonniers, en gardait douze, dit-on et massacrait le reste. Impitoyable, Jean de Chambes fait régner la terreur dans la région. L'église réformée de Saumur est presque éliminée. Averti des exactions et violences de son gouverneur, Charles IX finit par le rappeler à l'ordre le 14 septembre 1572. Nous verrons que son cousin, François III de la Noüe dit Bras de Fer, petit fils de Madeleine de Chasteaubriant, fut au contraire un grand défenseur de la cause huguenote (voir C.3).

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C.3 Descendance de Madeleine de Chasteaubriant (? - ?)

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François III de la Noüe
"A l'ennemi qui résiste il faut se montrer superbe, et après qu'il est vaincu il est honnête d'user d'humanité" (François III de la Noüe)

Comme indiqué ci-dessus, François III de la Noüe dit "Bras de Fer" est le petit fils de Madeleine de Chasteaubriant. Il fut appelé "Le Bayard huguenot" pour sa bravoure et sa loyauté
Il est d'abord appelé à la cour de François 1er en qualité de page du futur Henri II. Plus tard, l'occasion lui est donnée de montrer son habileté et son courage en Piémont, lors des guerres d'Italie. C'est là qu'il noue des liens d'indéfectible amitié avec le cadet des frères Châtillon : François de Coligny, seigneur d'Andelot.

En 1558, à la faveur du voyage qu'il effectue sur ses terres bretonnes, assisté du pasteur Gaspard Carmel dit Fleury, d'Andelot organise au château de la Bretesche près de Nantes de mémorables prêches qui auront pour conséquence l'adhésion d'une partie de la noblesse bretonne à la Réforme. Au nombre des nouveaux adeptes, deux personnalités bretonnes en vue : Jean de Rohan et François de La Noüe.
Le traité du Cateau-Cambrésis a mis un terme aux guerres d'Italie. C'est, pour La Noüe, une pause dans son activité de combattant, une occasion aussi de commencer à se frotter à la politique, ou du moins d'en observer le près les mécanismes. Il a en effet ses entrées à la cour où le meilleur accueil lui est réservé, car en dépit de sa récente conversion, ses hautes qualités morales inspirent confiance.

-1558-1560 : homme d'armes et guidon de la compagnie du Maréchal de Damville
-1562 et 1568: aveu au roi, participa aux batailles de Jarnac et de Moncontour-en-Poitou
-1570 : prise de Luçon
-1570 : bataille de Fontenay-le-Comte : il a le bras gauche fracassé et amputé. Un mécanicien de la Rochelle lui fabrique un moignon muni d'un crochet pour guider son cheval d'où son surnom de "Bras de Fer".
-1572 : siège de La Rochelle: il sert de négociateur
-1572 : ravitaille Mons assiègée, mais doit capituler le 19/09 devant le duc d'Albe
-1578 : reçoit la charge de Grand Maréchal de camp
-1579 : Prise de Louvain, Bruges,Cassel 1580 : Prise de Ninove aux Espagnols, mais il tombe captif des Espagnols le 10/05 et n'est libéré qu'au bout de 5 ans le 28/06/1585. Durant sa captivité il écrit un livre intitulé "Discours politiques et militaires" édité en 1587, que Napoléon appellera plus tard "La Bible du Soldat"
-1589-1590 : Participe aux combats de Senlis,d'Arques et d'Ivry
-1589 : brevet d'expectative du premier bâton de Maréchal de France
-13/07/1590: blessé à l'assaut du Faubourg St-Jacques à Paris
-1591 : Blessé mortellement au siège de Lamballe par un carreau d'arbalète, il meurt quelques jours plus tard à Moncontour de Bretagne

 

D. MEMOIRES D'OUTRE-TOMBE DE FRANCOIS RENE DE CHATEAUBRIAND
 (Supplément aux Mémoires, Généalogie de ma famille - Extrait)

...

"Seconde branche des Chateaubriand"

Les Chateaubriand du Lion-d'Angers

La seconde branche des Chateaubriand fleurit pendant quatre cent vingt ans ; on la voit poindre à Jean, seigneur des Roches-Baritaut et de La Lande, deuxième fils de Geoffroy VI, baron de Chateaubriand. Vers l'an 1260, Jean de Chateaubriand épousa Isabelle-Prévote de Thouars, dame de Chavannes. Il eut en partage de la succession de son père la seigneurie du Lion-d'Angers : il forma le premier degré de la lignée angevine et poitevine des Chateaubriand. Cette lignée eut pour service militaire le comté de Casan au royaume de Naples ; elle fonda une principauté en Illyrie ; elle s'allia deux fois avec la maison de Maillé, trois fois avec celle de Sainte-Maure-Montausier, ce qui a fait dire à Fléchier, dans l'oraison funèbre du duc de Montausier : " La mort lui enleva, dès les premières années de son enfance, un père dont la perte aurait été irréparable, s'il ne fût tombé sous la conduite d'une mère de l'ancienne maison de Chateaubriand, qui, renonçant d'abord à toutes sortes de vanités et de plaisirs pour vaquer dans une triste et laborieuse viduité aux affaires de sa famille, et contenant sous les lois d'une austère vertu et d'une exacte modestie une grande beauté et une florissante jeunesse, sacrifia toutes les douceurs et tout le repos de sa vie à la fortune et à l'éducation de ses enfants. "

Puis viennent Théaude de Chateaubriand ; Georges, son fils capitaine et maître de la vénerie du roi, charge devenue celle de grand veneur ; Philippe, petit-fils de Théaude, chevalier de l'ordre du Roi avant la création de l'ordre du Saint-Esprit ; Gabriel-Philippe, fils aîné de Philippe, tué à la bataille de Lérida le 7 octobre 1642. Gabriel (le jeune), troisième fils de Philippe, mort lieutenant général du gouvernement du bas Poitou, le 8 février 1658.

Ce Chateaubriand était-il celui dont on trouve le nom dans les Mémoires du cardinal de Retz ? " Aimery, avec la noblesse du Vexin, me rejoignit : Chateaubriant, Chateau-Renaut, le vicomte de Lameth, Argenteuil, le chevalier d'Humières, se logèrent dans le cloître. " (Livre 3.)

" Chateaubriand, qui était demeuré dans les rues pour observer la marche de M. le Prince, m'étant venu dire, en présence de beaucoup de gens, que M. le Prince serait dans un demi-quart d'heure au palais, qu'il avait pour le moins autant de monde que nous, mais que nous avions pris nos postes, ce qui nous était d'un grand avantage, je lui répondis : Il n'y a certainement que la salle du palais où nous les sussions mieux prendre que M. le Prince. " (Livre 4.)

Raymond de Chateaubriand, fils de Gabriel le Jeune, mourut sans postérité après l'an 1671, et Susanne de Chateaubriand, sa soeur, décéda sans alliance. En lui finit la branche des Roches-Baritaut ou du Lion-d'Angers".

 

E. EXTRAIT DE L'OUVRAGE SUR L'HISTOIRE DE LA BARONNIE DE CANDE DE CANDE, BRANCHE DES CHASTEAUBRIANT DE CHALLAIN LA POTHERIE
Extrait de l'ouvrage de l'Histoire de la baronnie de Candé, par le Comte René de l’Esperonnière, Angers, Lachèse Imprimeur, 1894 repris par Odile Halbert en 2006)
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"La généalogie de cette branche des Chasteaubriant doit être replacée dans l'histoitre de la seigneurerie de Challain la Potherie (49). Hilduinus de Calein figure comme témoin, vers 1050, dans la charte de concession de la ville (ou bourg) de Carbay, faite aux moines de Saint-Martin par Geoffroy Martel Ier, comte d’Anjou. Nous pensons qu’il faut voir en lui le représentant de la famille qui posséda primitivement Challain. Une nuit obscure enveloppe l’histoire de Challain jusqu’au début du XIIIe siècle, où nous voyons ce fief en la possession de Guillaume de Thouars, seigneur de Candé et du Lion-d’Angers. Pendant quatre-vingt ans, Candé et Challain allaient être réunis sous la même autorité. A Guillaume de Thouars succéda Geoffroy IV de Chasteaubriant, dont la seconde femme, Aumur ou Amaurie de Thouars, épousa, peu de temps après son veuvage (1363), Olivier de l’Isle, chevalier, que l’on voit mentionné comme seigneur de Challain. Mais cette paroisse fit bientôt retour aux Châteaubriant et appartint à Geoffroy V, décédé en 1284. La branche des Chasteaubriant se sépara de celle de Candé à la fin du XIIIe siècle et posséda Challain pendant plus de deux cents ans. Goeffroy V, baron de Chasteaubriant, seigneur de Candé, etc., né en 1237, mort en 1284, épousa Belleassez de Thouars – soeur d’Aumur, la seconde femme de son père, et en eut cinq enfants. L’aîné, Geoffroy VI, lui succéda dans ses principales seigneuries.

Jehan de Chasteaubriant

Le cadet, Jehan, eut en partage le Lion-d’Angers et Challain, ainsi que le prouve le contrat d’échange, en date du mois de janvier 1294. Jehan de Chasteaubriant épousé en premières noves Isabelle Le Prevost, dame de Chavannes, qui lui apporta la seigneurie des Roches-Baritaud, près Chantonnay (Vendée). Il en eut :

– Geoffroy, dit Brideau, qui suit,
– Jean,
 – Isabeau, mariée le 22 avril 1305 à Hardouin de Beauçau, chevalier, seigneurde la Motte de Beauçay, dont elle était veuve en 1319.
Il s’allia en secondes noces à Aude de BRILLOUET dont il n’eut pas d’enfants.Jehan de Chasteaubriant vivait encore en 1311. La date de sa mort est ignorée.
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Geoffroy, dit Brideau de Chasteaubriant 
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Geoffroy, dit Brideau de Chasteaubriant, seigneur de Challain, du Lion-d’Angers, des Roches-Baritaud, de Chavannes, de la Bonardière, etc., épousa vers 1340, Louise de Sainte Maure, fille de Pierre de Sainte-Maure, chevalier, seigneur de Montaugier et du Coudray, dont il eut deux filles, Jeanne et Louise, décédées sans alliance.

Il épousé en secondes noces Marguerite de Parthenay, fille de Guy l’Archevêque, seigneur de Soubise, et de Jeanne d’Amboise. De cette union naquirent :

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1. – Jean, qui suit

2. – Guyon, marié à Jeanne de Toutessan, dont il eut six enfants.

3. – Isabeau, qui épousa Guyon, seigneur du Puy-du-Fou.

4. – Marguerite, mariée à Anthoine Foucher, seigneur de Thénie.
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 Jean de Chasteaubriant 
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Jean de Chasteaubriant, seigneur de Challain, épousa, en 1403, Marie de Bueil, veuve de Hardouin, seigneur de Fontaine-Guérin. Elle était fille de Pierre de Bueil, seigneur du Bois, et d’Anglésie de Lévis. Jehan de Chasteaubriant, seigneur de Challain et du Lion-d’Angers, comparut, le 16avril 1421, aux assises tenues à Candé par le sénéchal Jehan Tillon, et à celles qui furent présidées, le 21 août 1430, par Thomas Morel, pour Michel Jarzé, sénéchal. Il n’eut pas d’enfants de son mariage avec Marie de Bueil et laissa pour héritier son neveu Jean, qui suit. 
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Jean de Chasteaubriant 
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Jean de Chasteaubriant, fils aîné de Guyon de Chasteaubriant et de Jeanne de Toutessan, devint, par suite du legs de son oncle, seigneur de Challain, du Lion-d’Angers, de Chavannes, etc.Jean de Chasteaubriant se maria deux fois. Il épousa en premières noces Jeanne de Coetmen, fille de Jean de Coëtmen, seigneur dudit lieu, et de Marie d’Ancenis ; et en secondes noces, Louise, dame de Loigny (Aujourd'hui Longny au Perche, 61), veuve de Pierre Odart, seigneur de Cursai, dont il n’eut pas d’enfants.De son premier mariage naquirent :
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 – Théaude, qui suit.
– Jacques, qui hérita de Théaude..
– Agnès, mariée à Jacques Renault, seigneur de la Roussière.
– Catherine, qui épousa François Foucher, seigneur des Herbiers.
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Théaude de Chasteaubriant
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Théaude de Chasteaubriant hérita de son frère des seigneuries de Challain, du Lion d’Angers, de Chavannes, etc. Il reçut le titre de comte de Casan, au royaume de Naples.
Le 6 août 1438, il épousa Françoise ODART, fille unique de Pierre Odart, seigneur de Verrières, de Regmalard (aujourd’hui Rémalard, 61) qui lui apporta les terres de Loigny (aujourd’hui Longny au Perche, 61) de Verrières et de Vauchrétien. C’est pour ce dernier fief qu’il rendit aveu au seigneur de Briollay, le 21 mai 1444. Il reconnaissait entre autres charges, être « tenu rendre et poïer par chacun an, au jour de la mi-août, un espervier de servige, sain et entier, sans giez (gets), sans longes et sans campannes, rendable audit lieu de Briollay. »
Divers auteurs affirment que Théaude de Chasteaubriant mourut à la fin de 1469, ou en 1470. Mais un acte que nous avons rencontré dans les archives des Aulnais contredit cette assertion, en prouvant qu’il vivait encore en 1477
De l’union de Théaude de Chasteaubriant avec Françoise Odart naquirent cinq enfants :
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1. – René, qui vient après son oncle Jacques.
2. – Georges, capitaine de la Vénerie du roi, marié à Anne de Champagné.
3. – François, doyen d’Angers. C’est lui qui fit bâtir la tour entre les deux flèches
de la cathédrale d’Angers (1523). Il mourut en 1535.
4. – Jeanne, mariée à : 1er Jean de Scépeaux ; et 2e à René de Feschal, en 1478.
5. – Louise, qui épousé Jean, seigneur d’Ingrande
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Jacques de Chasteaubriant
 
Jacques de Chasteaubriant fut seigneur de Challain, après Théaude. Étant entré dans les ordres, il devint archiprêtre de Saumur.
Était-ce le second fils de Jean de Chasteaubriant et de Jeanne de Coëtmen, ou avait-il pour père Théaude lui-même ? Aucun indice ne permet d’appuyer l’une ou l’autre de ces suppositions. La généalogie des Chasteaubriant n’indique qu’un personnage de ce nom, frère cadet de Théaude : il faudrait donc admettre qu’il hérita de son aîné, sinon en totalité, du moins pour la terre de Challain. Quoi qu’il en soit, divers titres établissent que Jacques de Chasteaubriant possédait cette châtellenie à la fin du XVe siècle.
La date précise du décès de Jacques de Chasteaubriant est inconnue.
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René de Chasteaubriant
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René de Chasteaubriant, fils aîné de Théaude de Chasteaubriant et de Françoise Odart, portait, dès le 5 juin 1492, les titres de baron de Loigny, de vicomte de Regmalart et de seigneur des Roches-Baritaud, de Chavannes, de saint Hilaire des Noyers et du Lion-d’Angers. A cette même date, il était conseiller et chambellan du Roi.
Après la mort de Jacques de Chasteaubriant, survenue vers l’an 1500, il entra en possession de la châtellenie de Challain53, dont la nue-propriété paraît lui avoir été assurée dès 1480.
Il épousa Hélène d’Estouteville, fille de Robert, baron d’Ivri, et d’Ambroise de Lorré, dont il eut trois filles :
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1. – Charlotte, qui épousa Henri, sire de Croy.
2. – Marie, dame du Lion-d’Angers, mariée à Jean de Chambes, seigneur de Montsoreau.
3. – Madeleine, dame de Chavannes et de Saint Hilaire des Noyers mariée à François de la Noue (Noë), seigneur dudit lieu.
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La fortune de René de Chasteaubriant fut divisée entre ses filles, sauf la seigneurie de la Roche-Baritaud qui échut à Georges, son frère cadet.
Par le mariage de Marie de Chasteaubriant, la terre de Challain passa dans la maison de Chambes.